Inspiration
Le cèdre de ma région est le Thuja occidental. Il s’agit de la plus ancienne espèce d’arbre vivant actuellement sur terre. La famille des thuyas a été la première à prendre forme. Le fait que leur feuillage se présente sous la forme d’écailles, plutôt que d’aiguilles, est un signe du grand âge de cette famille d’arbres. Un arbre individuel peut vivre mille ans. Dans de nombreuses sociétés, on l’appelle “l’arbre de vie”.
Je me promène dans les cèdres en toutes saisons, mais c’est en hiver qu’ils sont les plus magiques. Cela vaut la peine de chausser ses raquettes et de braver le froid. La réalité alternative qui m’attend dans les cèdres ne manque jamais de m’enchanter. Le feuillage des cèdres est encore parfumé à des températures étonnamment basses et, par temps ensoleillé, leur parfum vivifiant, associé à l’air froid, est l’essence même de la “fraîcheur”. L’ambiance dans les bosquets est à la fois exaltante et méditative. C’est un espace sacré et silencieux. Dans la faible lumière du sous-étage, les branches des arbres sont lourdes de couvertures de neige étincelantes qui étouffent tout bruit. Le sous-bois peut être recouvert d’un mètre de neige accumulée. Le silence règne en maître et la pénombre est perpétuelle. De temps en temps, un épais rayon de soleil éblouissant perce les bosquets, créant un pilier illuminé vers le ciel. La neige est souvent parsemée de traces de lapins, de chevreuils ou d’élans qui broutent les branches inférieures des cèdres. Signe que je ne suis pas seul dans ce monde feutré.
Si j’ai de la chance, une ou deux fois par hiver, je vis la première heure d’une tempête de neige dans les cèdres. L’odeur et l’air de l’ambiance d’avant la tempête sont exaltants. L’air est chargé d’ozone. La douce odeur du début de la tempête se mêle à l’haleine fraîche et verte des cèdres. Au début de l’orage, des flocons blancs scintillants commencent à dériver paresseusement dans l’air et à s’accumuler sur les branches. Il est bon de quitter la chapelle du cèdre dès les premiers signes de l’orage. Ici, dans la forêt boréale, la neige peut rapidement devenir épaisse et, bien que j’aie un excellent sens de l’orientation, il est possible de se perdre dans une tempête de neige. Les vents se lèvent et les fantômes de neige s’agitent dans l’air. Mes chaussures de neige s’enfoncent dans la poudreuse fraîche et j’ai de plus en plus de mal à marcher. Les signes familiers de la forêt deviennent plus difficiles à lire. Je suis rassuré lorsque je vois les lumières jaunes et chaudes qui proviennent de ma petite cabane. J’arrive à l’entrée et j’enlève mes raquettes. À l’intérieur, un feu accueillant brille dans la cheminée, entretenu par le compagnon de ma vie. Les senteurs balsamiques du bois de chauffage emplissent l’air. Ce sera une nuit transformatrice dans la forêt boréale. La neige tombe sur les cèdres.








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